Appareil de levage

Grue sur chenilles : VGP, CACES et documents obligatoires

La grue sur chenilles lève les charges les plus lourdes des grands chantiers : poutres d’ouvrages d’art, éléments industriels, éoliennes. Elle peut se déplacer avec sa charge sur un sol préparé. Équipée d’un godet à câbles, elle sert aussi de dragline pour l’extraction.

VGP
Tous les 6 mois (position de l’INRS)
Conduite
R483 A (treillis) ou B (télescopique)
Autorisation de conduite
Obligatoire
Documents clés
CE, VGP, abaque, carnet de maintenance

Grue sur chenilles : de quoi parle-t-on ?

On l’appelle aussi : grue treillis sur chenilles, grue à câble. Grues sur chenilles servent notamment aux usages suivants :

  • Levages lourds sur les grands chantiers
  • Fondations spéciales (benne, vibrofonceur)
  • Extraction en dragline

Faut-il une VGP pour une grue sur chenilles ?

Oui. Pour les grues mobiles qui se mettent en station sans montage de parties importantes, l’arrêté du 1er mars 2004 fixe une VGP tous les 6 mois. Une grue sur chenilles dont la flèche treillis est assemblée sur place n’entre pas mot pour mot dans cette liste ; l’INRS applique néanmoins les 6 mois, et c’est la périodicité à retenir. Chaque démontage suivi d’un remontage de la flèche impose en plus une vérification de remise en service.

La VGP comprend un examen de l’état de conservation (freins, limiteurs de charge et de moment, fins de course, crochets, câbles et chaînes…) et des essais de fonctionnement, avec le déclenchement des limiteurs. Un rapport provisoire est remis à l’issue de la vérification, le rapport définitif dans les quatre semaines, et les résultats sont reportés sans délai au registre de sécurité.

Les autres vérifications à ne pas oublier

  • Mise en service : à la première utilisation dans l’entreprise, dans chaque configuration (équipement interchangeable, par exemple).
  • Remise en service : après un démontage suivi d’un remontage, une réparation ou une transformation importante des organes essentiels, ou un accident dû à leur défaillance. Un simple changement de site n’en impose pas si la dernière VGP date de moins de 6 mois et que la configuration avait été vérifiée à la mise en service.
  • Accessoires de levage (élingues, manilles, palonniers…) : VGP tous les 12 mois (article 24).
  • Carnet de maintenance : obligatoire pour chaque appareil de levage, jusqu’à sa mise au rebut (le carnet d’entretien).

Qui peut conduire une grue sur chenilles ?

La conduite d’une grue sur chenilles est réservée à un salarié formé (article R4323-55 du Code du travail) et titulaire d’une autorisation de conduite délivrée par son employeur : les grues mobiles figurent parmi les équipements soumis à autorisation par l’arrêté du 26 septembre 2025.

L’employeur délivre cette autorisation après avoir vérifié trois choses : une attestation d’absence de contre-indication médicale en cours de validité, délivrée par le médecin du travail et valable 5 ans (article R4323-56) ; le contrôle des connaissances et du savoir-faire pour la conduite en sécurité ; la connaissance des lieux et des instructions à respecter sur le site. Voir notre guide de l’autorisation de conduite.

Une grue sur chenilles relève de la recommandation R.483, en catégorie A si sa flèche est en treillis et en catégorie B si elle est télescopique. Une dragline (pelle à câbles) n’a pas de CACES : elle est exclue de la R.482 comme de la R.483.

Les documents à avoir pour une grue sur chenilles

  • Déclaration CE de conformité du fabricant, souvent appelée « certificat CE » (pourquoi ce n’est pas un certificat).
  • Notice d’instructions en français, tenue à la disposition des utilisateurs et de l’inspection du travail.
  • Rapports de VGP : le dernier en date et l’historique, conservés au moins 5 ans (et dans tous les cas les deux derniers).
  • Rapport de vérification de mise en service, et de remise en service le cas échéant.
  • Carnet de maintenance, obligatoire pour les appareils de levage (articles R4323-19 à R4323-21), tenu sur tout support.
  • Abaque ou plaque de charges au poste de conduite, pour chaque configuration.
  • Attestation d’assurance à jour.

Le registre de sécurité et les rapports de vérification peuvent être tenus sur support dématérialisé (article R4323-27 du Code du travail).

Les principaux risques

  • Renversement si le sol n’est pas assez portant
  • Chute de charge
  • Contact avec une ligne électrique
  • Accidents au montage de la flèche

Contenu relu le 19 septembre 2026. Il présente la réglementation de façon générale et ne remplace pas les textes officiels ni l’avis de votre organisme de contrôle.

Questions fréquentes

Quelle est la périodicité de la VGP d’une grue sur chenilles ?

6 mois selon la position de l’INRS, avec une vérification de remise en service après chaque remontage de la flèche.

Le CACES est-il obligatoire pour conduire une grue sur chenilles ?

Non, le CACES n’est pas une obligation légale. En revanche, l’autorisation de conduite délivrée par l’employeur est obligatoire, et le CACES (R483 A (treillis) ou B (télescopique)) est le moyen le plus courant de justifier le contrôle des connaissances et du savoir-faire.

Que risque-t-on si la VGP n’est pas faite ?

L’employeur s’expose à une amende de 10 000 € par travailleur concerné (article L4741-1 du Code du travail), portée à 30 000 € et un an d’emprisonnement en cas de récidive ; pour une société, le montant maximal est multiplié par cinq. En cas d’accident, l’absence de VGP pèse lourd dans l’appréciation des responsabilités.

Qui peut réaliser la VGP d’une grue sur chenilles ?

Une personne qualifiée, interne ou externe à l’entreprise, compétente dans la prévention des risques de ces équipements et connaissant la réglementation (article R4323-24 du Code du travail). L’accréditation n’est pas exigée pour les VGP courantes, sauf quand l’inspection du travail demande une vérification par un organisme accrédité.

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