Guide de la VGP

VGP des engins de chantier : quelle vérification, à quel rythme ?

Tous les 6 mois, tous les 12 mois, ou pas de VGP du tout ? La réponse dépend de l’engin et de son usage. Voici les règles engin par engin, avec les textes qui les fixent, pour ne plus confondre la VGP « levage » et la VGP « machine ».

Grues mobiles, chariots, nacelles
VGP tous les 6 mois
Autres appareils de levage
VGP tous les 12 mois
Engins de terrassement
VGP tous les 12 mois
Sanction
10 000 € par salarié concerné

Deux textes, deux VGP

La VGP levage vient de l’arrêté du 1er mars 2004. Elle concerne les appareils qui déplacent une charge avec un changement de niveau significatif, et leurs accessoires. Sa périodicité est de 12 mois en règle générale, de 6 mois pour une liste fermée (grues mobiles, grues auxiliaires, grues à tour à montage automatisé, chariots élévateurs, nacelles, engins de terrassement équipés pour le levage…) et de 3 mois pour les plates-formes élevées à la main. Les accessoires de levage sont vérifiés tous les 12 mois.

La VGP machine vient de l’arrêté du 5 mars 1993. Elle impose une vérification tous les 12 mois aux machines mobiles d’extraction, de terrassement, d’excavation ou de forage du sol à conducteur porté, et aux machines à battre les palplanches : pelles, chargeuses, bouteurs, niveleuses, décapeuses, compacteurs de sol, dumpers, tombereaux, foreuses…

Certains engins sortent de ces deux textes : la flèche des pompes à béton est exclue expressément du levage, et les finisseurs, concasseurs, cribles, robots de démolition ou bétonnières ne figurent dans aucune liste. Ils restent soumis à l’obligation générale d’entretien et, sur les chantiers, à l’examen avant mise en service.

La périodicité engin par engin

EnginVGPConduite
Pelle hydrauliqueTous les 12 mois, et tous les 6 mois en configuration levageR482 B1 (plus de 6 t) ou A (6 t et moins)
Mini-pelleTous les 12 mois, et tous les 6 mois en configuration levageR482 catégorie A (engins compacts)
TractopelleTous les 12 mois, et tous les 6 mois en configuration levageR482 C1 (plus de 6 t) ou A (6 t et moins)
Chargeuse sur pneusTous les 12 mois, et tous les 6 mois en configuration levageR482 C1 (plus de 6 t) ou A (6 t et moins)
Chargeuse sur chenillesTous les 12 mois, et tous les 6 mois en configuration levageR482 C2 (plus de 6 t) ou A (6 t et moins)
BulldozerTous les 12 moisR482 catégorie C2
NiveleuseTous les 12 moisR482 catégorie C3
Décapeuse (scraper)Tous les 12 moisAucun CACES : exclue de la R482
Chargeuse compacte (skid steer)Tous les 12 mois, et tous les 6 mois en configuration levageR482 A (6 t et moins), C1 ou C2 au-delà
Pelle araignéeTous les 12 mois, et tous les 6 mois en configuration levageAucun CACES : exclue de la R482
Aspiratrice-excavatricePas de VGP réglementaireAucun CACES ; permis du camion
Grue mobileTous les 6 moisR483 A (flèche treillis) ou B (télescopique)
Grue à tourGMA : 6 mois ; GME : 12 mois et à chaque montageR487 : 1, 2 ou 3 selon la grue
Grue sur chenillesTous les 6 mois (position de l’INRS)R483 A (treillis) ou B (télescopique)
Grue auxiliaire sur camionTous les 6 moisR490 (grues de chargement)
Pont roulantTous les 12 moisR484 : 1 (commande au sol) ou 2 (cabine)
Chariot élévateurTous les 6 moisR489 : 3 (≤ 6 t), 4 (> 6 t), 5, 6 ou 1B
Chariot télescopiqueTous les 6 mois en levage ; 12 mois avec un godetR482 catégorie F (tout-terrain)
Nacelle articuléeTous les 6 moisR486 catégorie B
Nacelle ciseauxTous les 6 moisR486 catégorie A
Nacelle télescopiqueTous les 6 moisR486 catégorie B
Nacelle araignéeTous les 6 moisR486 catégorie B (le plus souvent)
CompacteurTous les 12 moisR482 D (plus de 6 t) ou A (6 t et moins)
FinisseurPas de VGP réglementaireAucun CACES : exclu de la R482
Tombereau rigideTous les 12 moisR482 catégorie E
Tombereau articuléTous les 12 moisR482 catégorie E
DumperTous les 12 moisR482 A (charge utile ≤ 6 t) ou E (au-delà)
ForeuseTous les 12 moisR482 catégorie B2
Batteur de pieuxTous les 12 mois (battage de palplanches)Aucun CACES : exclu de la R482
Brise-roche hydrauliquePas de VGP propre : celle de l’engin porteurCelui de l’engin porteur (R482 A ou B1)
Robot de démolitionPas de VGP réglementaireAucun CACES
Camion malaxeurPas de VGP réglementaireAucun CACES ; permis poids lourd pour le camion
Pompe à bétonPas de VGP : la flèche est exclue du levageAucun CACES
Centrale à béton mobileVérifications électriques ; levage selon équipementsAucun CACES
Concasseur mobilePas de VGP réglementaireAucun CACES
Crible mobilePas de VGP réglementaireAucun CACES
Groupe électrogèneVérification de l’installation électriqueSans objet
Compresseur de chantierSuivi du réservoir sous pression, selon seuilsSans objet
Engin rail-routeSelon la machine : 12 mois, 6 mois en levageR482 B3 pour la pelle rail-route
Bourreuse ferroviaireSelon l’autorisation de circulationAucun CACES
DraisineSelon l’autorisation de circulationAucun CACES (grue embarquée : à évaluer)
Cliquez sur un engin pour le détail : textes, documents, autorisation de conduite. Tableau établi à partir des arrêtés du 1er mars 2004 et du 5 mars 1993, des brochures INRS ED 6339 et ED 828 et des recommandations CACES de juillet 2026.

Qui peut réaliser une VGP ?

Des « personnes qualifiées, appartenant ou non à l’établissement », compétentes dans la prévention des risques des équipements vérifiés et au fait de la réglementation (article R4323-24 du Code du travail). La liste de ces personnes est tenue à la disposition de l’inspection du travail. L’employeur reste responsable des vérifications dans tous les cas, même quand il les confie à un organisme extérieur.

L’accréditation n’est pas exigée pour les VGP courantes. Elle devient obligatoire quand l’inspection du travail demande une vérification par un organisme accrédité (article R4722-5), et dans quelques cas particuliers de l’arrêté de 2004 (essais techniquement impossibles, appareil conçu pour une seule opération de levage).

Ce que contient la VGP

Pour un appareil de levage, c’est un examen de l’état de conservation, complété par des essais de fonctionnement :

  • calage, amarrage et freinage au repos ;
  • freins et contrôle de la descente des charges ;
  • poulies, crochets et préhenseurs, câbles et chaînes ;
  • limiteurs de charge et de moment de renversement, limiteurs de course, anticollision, parachutes, qui sont déclenchés pendant les essais.

Pour une machine de terrassement, elle porte sur les parties visibles et accessibles : stabilité, protections, fissures et déformations, circuits hydrauliques, électriques et pneumatiques, essais des dispositifs de protection et des arrêts, réglages et pièces d’usure, état des indicateurs.

Rapport, registre et conservation

  • Pour le levage, un rapport provisoire est remis à la fin de la vérification et le rapport définitif dans les quatre semaines.
  • Les résultats sont reportés au registre de sécurité ; les rapports d’un vérificateur extérieur y sont annexés.
  • Registre et rapports peuvent être tenus sur support dématérialisé (article R4323-27).
  • Ils sont conservés au moins 5 ans, et dans tous les cas les deux derniers (article D4711-3).
  • Les appareils de levage ont en plus un carnet de maintenance, tenu jusqu’à leur mise au rebut (le carnet d’entretien).

Mise en service et remise en service

Avant la première utilisation dans l’entreprise, un appareil de levage passe une vérification de mise en service, dans chacune de ses configurations. Une vérification de remise en service est ensuite exigée :

  • en cas de changement de site d’utilisation ;
  • en cas de changement de configuration ou des conditions d’utilisation sur un même site ;
  • après un démontage suivi d’un remontage ;
  • après un remplacement, une réparation ou une transformation importante des organes essentiels ;
  • après un accident provoqué par la défaillance d’un organe essentiel.

Les appareils vérifiés tous les 6 mois (grues mobiles, chariots, nacelles…) en sont dispensés en cas de changement de site ou de configuration si leur dernière VGP date de moins de 6 mois et que la configuration a été vérifiée à la mise en service. Pour les engins de terrassement équipés pour le levage, un examen d’adéquation reste nécessaire à chaque changement de site.

Les sanctions

Ne pas faire réaliser une VGP expose l’employeur à une amende de 10 000 €, appliquée autant de fois qu’il y a de travailleurs concernés (article L4741-1 du Code du travail) ; en récidive, un an d’emprisonnement et 30 000 € d’amende. Pour une société, le montant maximal est multiplié par cinq (article 131-38 du Code pénal).

L’inspection du travail peut aussi exiger qu’un équipement soit vérifié par un organisme accrédité dans un délai qu’elle fixe, sous peine d’amende administrative, raccourcir l’intervalle entre deux VGP si l’équipement s’use prématurément, ou arrêter les travaux en cas de danger grave et imminent.

Contenu relu le 19 septembre 2026. Il présente la réglementation de façon générale et ne remplace pas les textes officiels ni l’avis de votre organisme de contrôle.

Questions fréquentes

La VGP est-elle obligatoire tous les 6 mois ?

Pas pour tous les engins. Les 6 mois concernent une liste précise d’appareils de levage : grues mobiles, grues auxiliaires, grues à tour à montage automatisé, chariots élévateurs, nacelles, engins de terrassement équipés pour le levage… La règle générale du levage est de 12 mois, comme la VGP des engins de terrassement.

Un engin qui ne lève pas de charges a-t-il une VGP ?

Souvent, oui : pelles, chargeuses, bouteurs, niveleuses, décapeuses, compacteurs de sol, dumpers, tombereaux et foreuses à conducteur porté passent une VGP tous les 12 mois au titre de l’arrêté du 5 mars 1993.

Le « contrôle technique » d’un engin de chantier existe-t-il ?

Pas au sens du contrôle technique automobile. Pour les engins de chantier, ce sont les vérifications générales périodiques (VGP) prévues par le Code du travail qui jouent ce rôle, avec les vérifications de mise et de remise en service.

Faut-il faire appel à un organisme agréé ?

Non, pas en règle générale : une personne qualifiée, interne ou externe, peut réaliser la VGP. Un organisme accrédité n’est exigé que dans des cas particuliers, notamment quand l’inspection du travail le demande.

Combien de temps garder les rapports de VGP ?

Au moins 5 ans, et dans tous les cas les rapports des deux dernières vérifications (article D4711-3 du Code du travail). Ils peuvent être conservés sous forme dématérialisée.

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