Engin de manutention

Chariot élévateur : VGP, CACES et documents obligatoires

Le chariot élévateur à conducteur porté lève et transporte des charges sur fourches : palettes en entrepôt, matériaux sur les plateformes de négoce, pièces en atelier. Il existe en versions électriques pour l’intérieur et en versions tout-terrain pour les chantiers.

VGP
Tous les 6 mois
Conduite
R489 : 3 (≤ 6 t), 4 (> 6 t), 5, 6 ou 1B
Autorisation de conduite
Obligatoire
Documents clés
CE, VGP, abaque, carnet de maintenance

Chariot élévateur : de quoi parle-t-on ?

On l’appelle aussi : Fenwick (nom de marque), chariot frontal. Chariots élévateurs servent notamment aux usages suivants :

  • Chargement et déchargement de camions
  • Stockage en rayonnage
  • Manutention de matériaux sur chantier (tout-terrain)

Faut-il une VGP pour un chariot élévateur ?

Oui, tous les 6 mois. Le chariot élévateur figure dans la liste de l’article 20 de l’arrêté du 1er mars 2004, pour laquelle l’article 23 fixe une VGP semestrielle au lieu de la périodicité annuelle de droit commun.

La VGP comprend un examen de l’état de conservation (freins, limiteurs de charge et de moment, fins de course, crochets, câbles et chaînes…) et des essais de fonctionnement, avec le déclenchement des limiteurs. Un rapport provisoire est remis à l’issue de la vérification, le rapport définitif dans les quatre semaines, et les résultats sont reportés sans délai au registre de sécurité.

Les autres vérifications à ne pas oublier

  • Mise en service : à la première utilisation dans l’entreprise, dans chaque configuration (équipement interchangeable, par exemple).
  • Remise en service : après un démontage suivi d’un remontage, une réparation ou une transformation importante des organes essentiels, ou un accident dû à leur défaillance. Un simple changement de site n’en impose pas si la dernière VGP date de moins de 6 mois et que la configuration avait été vérifiée à la mise en service.
  • Accessoires de levage (élingues, manilles, palonniers…) : VGP tous les 12 mois (article 24).
  • Carnet de maintenance : obligatoire pour chaque appareil de levage, jusqu’à sa mise au rebut (le carnet d’entretien).

Qui peut conduire un chariot élévateur ?

La conduite d’un chariot élévateur est réservée à un salarié formé (article R4323-55 du Code du travail) et titulaire d’une autorisation de conduite délivrée par son employeur : les chariots automoteurs de manutention à conducteur porté figurent parmi les équipements soumis à autorisation par l’arrêté du 26 septembre 2025.

L’employeur délivre cette autorisation après avoir vérifié trois choses : une attestation d’absence de contre-indication médicale en cours de validité, délivrée par le médecin du travail et valable 5 ans (article R4323-56) ; le contrôle des connaissances et du savoir-faire pour la conduite en sécurité ; la connaissance des lieux et des instructions à respecter sur le site. Voir notre guide de l’autorisation de conduite.

La recommandation R.489 classe les chariots frontaux en porte-à-faux en catégorie 3 (jusqu’à 6 tonnes) et 4 (au-delà), les chariots à mât rétractable en catégorie 5, ceux à poste élevable en catégorie 6 et les gerbeurs à conducteur porté en 1B. Un chariot tout-terrain à mât relève en revanche de la catégorie F de la R.482.

Les documents à avoir pour un chariot élévateur

  • Déclaration CE de conformité du fabricant, souvent appelée « certificat CE » (pourquoi ce n’est pas un certificat).
  • Notice d’instructions en français, tenue à la disposition des utilisateurs et de l’inspection du travail.
  • Rapports de VGP : le dernier en date et l’historique, conservés au moins 5 ans (et dans tous les cas les deux derniers).
  • Rapport de vérification de mise en service, et de remise en service le cas échéant.
  • Carnet de maintenance, obligatoire pour les appareils de levage (articles R4323-19 à R4323-21), tenu sur tout support.
  • Abaque ou plaque de charges au poste de conduite, pour chaque configuration.

Le registre de sécurité et les rapports de vérification peuvent être tenus sur support dématérialisé (article R4323-27 du Code du travail).

Les principaux risques

  • Renversement latéral dans un virage ou avec charge haute
  • Heurt de piétons
  • Chute de la charge ou de palettes stockées en hauteur

Contenu relu le 19 septembre 2026. Il présente la réglementation de façon générale et ne remplace pas les textes officiels ni l’avis de votre organisme de contrôle.

Questions fréquentes

Quelle est la périodicité de la VGP d’un chariot élévateur ?

6 mois, au titre de l’article 23 de l’arrêté du 1er mars 2004. Les accessoires de levage, eux, sont vérifiés tous les 12 mois.

Le CACES est-il obligatoire pour conduire un chariot élévateur ?

Non, le CACES n’est pas une obligation légale. En revanche, l’autorisation de conduite délivrée par l’employeur est obligatoire, et le CACES (R489 : 3 (≤ 6 t), 4 (> 6 t), 5, 6 ou 1B) est le moyen le plus courant de justifier le contrôle des connaissances et du savoir-faire.

Que risque-t-on si la VGP n’est pas faite ?

L’employeur s’expose à une amende de 10 000 € par travailleur concerné (article L4741-1 du Code du travail), portée à 30 000 € et un an d’emprisonnement en cas de récidive ; pour une société, le montant maximal est multiplié par cinq. En cas d’accident, l’absence de VGP pèse lourd dans l’appréciation des responsabilités.

Qui peut réaliser la VGP d’un chariot élévateur ?

Une personne qualifiée, interne ou externe à l’entreprise, compétente dans la prévention des risques de ces équipements et connaissant la réglementation (article R4323-24 du Code du travail). L’accréditation n’est pas exigée pour les VGP courantes, sauf quand l’inspection du travail demande une vérification par un organisme accrédité.

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