Engin de manutention

Chariot télescopique : VGP, CACES et documents obligatoires

Avec son bras télescopique, le chariot télescopique lève des charges en hauteur et en avant : palettes déposées sur un plancher, matériaux montés en toiture. Les modèles rotatifs, qui pivotent sur leur châssis, se rapprochent d’une petite grue.

VGP
Tous les 6 mois en levage ; 12 mois avec un godet
Conduite
R482 catégorie F (tout-terrain)
Autorisation de conduite
Obligatoire
Documents clés
CE, VGP, abaque, carnet de maintenance

Chariot télescopique : de quoi parle-t-on ?

On l’appelle aussi : télescopique, « manitou » (du nom d’un constructeur). Chariots télescopiques servent notamment aux usages suivants :

  • Approvisionnement des étages et des toitures
  • Déchargement de camions sur chantier
  • Levage au crochet ou avec une potence
  • Travaux agricoles

Faut-il une VGP pour un chariot télescopique ?

Oui. Les chariots élévateurs, y compris à flèche télescopique, figurent dans la liste de l’article 20 de l’arrêté du 1er mars 2004 : VGP levage tous les 6 mois. Mais le rythme dépend de ce qui est monté au bout de la flèche :

Équipement montéVérifié commePériodicité
Fourches, potence, crochetAppareil de levage6 mois
Nacelle (panier) pour élever des personnesAussi plate-forme élévatrice de personnes6 mois, dans cette configuration
TreuilAppareil de levage de type grue6 mois
GodetEngin de terrassement (arrêté du 5 mars 1993)12 mois

Chaque configuration doit avoir été vérifiée lors de sa première mise en service : un équipement interchangeable monté pour la première fois n’est pas couvert par la vérification des fourches.

  • Accessoires de levage (élingues, manilles, palonniers…) : VGP tous les 12 mois (article 24).
  • Carnet de maintenance : obligatoire pour chaque appareil de levage, jusqu’à sa mise au rebut (le carnet d’entretien).

Qui peut conduire un chariot télescopique ?

La conduite d’un chariot télescopique est réservée à un salarié formé (article R4323-55 du Code du travail) et titulaire d’une autorisation de conduite délivrée par son employeur : les chariots automoteurs de manutention à conducteur porté figurent parmi les équipements soumis à autorisation par l’arrêté du 26 septembre 2025.

L’employeur délivre cette autorisation après avoir vérifié trois choses : une attestation d’absence de contre-indication médicale en cours de validité, délivrée par le médecin du travail et valable 5 ans (article R4323-56) ; le contrôle des connaissances et du savoir-faire pour la conduite en sécurité ; la connaissance des lieux et des instructions à respecter sur le site. Voir notre guide de l’autorisation de conduite.

Le chariot télescopique tout-terrain relève de la catégorie F de la recommandation R.482. Avec une nacelle, il faut en plus la R.486 B (ou une évaluation complémentaire) ; avec un treuil, la R.483 B (ou une évaluation complémentaire). Les modèles rotatifs demandent une évaluation complémentaire.

Les documents à avoir pour un chariot télescopique

  • Déclaration CE de conformité du fabricant, souvent appelée « certificat CE » (pourquoi ce n’est pas un certificat).
  • Notice d’instructions en français, tenue à la disposition des utilisateurs et de l’inspection du travail.
  • Rapports de VGP : le dernier en date et l’historique, conservés au moins 5 ans (et dans tous les cas les deux derniers).
  • Rapport de vérification de mise en service, et de remise en service le cas échéant.
  • Carnet de maintenance, obligatoire pour les appareils de levage (articles R4323-19 à R4323-21), tenu sur tout support.
  • Abaque ou plaque de charges au poste de conduite, pour chaque configuration.
  • Déclaration CE et notice de chaque équipement interchangeable (godets spéciaux, fourches, brise-roche, nacelle…).
  • Certificat d’immatriculation, pour circuler sur la voie publique.
  • Attestation d’assurance à jour.

Le registre de sécurité et les rapports de vérification peuvent être tenus sur support dématérialisé (article R4323-27 du Code du travail).

Les principaux risques

  • Renversement vers l’avant en déployant le bras
  • Chute de charge
  • Heurt de personnes, faible visibilité côté droit
  • Utilisation d’un accessoire (nacelle, godet) non prévu par le fabricant

Contenu relu le 19 septembre 2026. Il présente la réglementation de façon générale et ne remplace pas les textes officiels ni l’avis de votre organisme de contrôle.

Questions fréquentes

Quelle est la périodicité de la VGP d’un chariot télescopique ?

6 mois en levage (fourches, potence, treuil, nacelle), au titre de l’arrêté du 1er mars 2004 ; 12 mois lorsqu’il travaille avec un godet, comme un engin de terrassement.

Le CACES est-il obligatoire pour conduire un chariot télescopique ?

Non, le CACES n’est pas une obligation légale. En revanche, l’autorisation de conduite délivrée par l’employeur est obligatoire, et le CACES (R482 catégorie F (tout-terrain)) est le moyen le plus courant de justifier le contrôle des connaissances et du savoir-faire.

Que risque-t-on si la VGP n’est pas faite ?

L’employeur s’expose à une amende de 10 000 € par travailleur concerné (article L4741-1 du Code du travail), portée à 30 000 € et un an d’emprisonnement en cas de récidive ; pour une société, le montant maximal est multiplié par cinq. En cas d’accident, l’absence de VGP pèse lourd dans l’appréciation des responsabilités.

Qui peut réaliser la VGP d’un chariot télescopique ?

Une personne qualifiée, interne ou externe à l’entreprise, compétente dans la prévention des risques de ces équipements et connaissant la réglementation (article R4323-24 du Code du travail). L’accréditation n’est pas exigée pour les VGP courantes, sauf quand l’inspection du travail demande une vérification par un organisme accrédité.

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